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Le tatouage de cette jeune fille: « God Proof »

Il y a quelques jours, je me suis baladée dans la capitale estonienne de Vilnius en quête de joie et de joyeux. Je suis comme un chasseur de papillons qui veut récolter dans son filet les plus beaux spécimens. Parce que, le savez-vous, la joie ne se trouve pas facilement. Je veux dire que la vraie joie est très rare. C’est pour cela que je m’y intéresse de près et que j’en fais la collecte

Nous confondons souvent la joie avec le plaisir, le bonheur, le contentement ou le divertissement. Or tout cela n’est qu’une expression ou la conséquence de manifestations extérieures à nous : une fête, un bon repas, une demande en mariage, un film ou un moment joyeux passé entre amis. La joie, c’est la somme de tout cela, me direz-vous. Peut-être bien… C’est peut-être la somme de moments agréables. Personnellement, je définirai la Joie autrement.

La joie, c’est de rire de, et avec soi-même. C’est voir le fil de la merveille absolument en tout et partout. C’est ressentir la gratitude d’exister et de vivre sur terre quelques soient les vicissitudes de l’existence. C’est de lire le grand livre de la vie avec les lunettes de la dualité et le monocle de l’Unité en même temps. Une fois compris cela, on se sent moins seul,  triste et perdu… C’est cette joie-là que je cherche en chemin. La joie de ceux et de celles qui ne se fient plus au scénario visible de l’existence mais qui arrivent à voir ce qui se passe en coulisses. Parce que derrière le décors, les mariages, les drames et les tragédies du monde, une autre histoire se construit. Une autre et bien belle histoire… Mais il faut apprendre à lire son langage, à comprendre sa langue et tout le monde n’en fait pas l’effort. Alors je tends mon micro et ma caméra à ceux qui peuvent nous apprendre à parler cette nouvelle langue, à nous prêter leurs lunettes. Et en 6 mois, ma récolte est déjà riche. Non pas de quantité mais de qualité dans les rencontres.

Une jolie « prise » surprise!

Je déambulais donc sur les trottoirs de cette très attractive ville de Vilnius, mélange fascinant de traditions médiévales et de modernité, de nature et de gratte-ciels à l’architecture saisissante. J’ai empoigné ma longue-vue, préparé mon filet et je me suis mise en chasse. Ici, des badauds fumant à des terrasses animées avec de la techno. Là, des gens heureux de s’offrir un vol en montgolfière et combien je les comprends ! Plus loin, des embrassades et des éclats de rire arrosés de bière et de vin. Rien de très convaincant.

Et puis tout à coup…j’ai aperçu « mon » papillon…là-bas, au bout de la lorgnette. Toute petite, recroquevillée dans un coin. Elle riait, riait toute seule en regardant des images. C’est son rire qui m’a stoppée net. Ce rire cristallin et pure m’a touchée au cœur, comme un éclair de sucre. Elle vendait de petits bracelets d’une simplicité déconcertante. Presque « invendables » selon les critères habituels qui appâtent les clients. Je me suis assise à côté d’elle et nous avons commencé à bavarder. Gabrielle me semblait comme tombée d’un nid, recroquevillée comme un fragile oisillon qui n’a pas encore tout à fait déployé ses ailes. En quelques mots, dans un anglais parfait, elle m’a partagé son rêve et sa vision du monde. « Je vends ces petits bracelets que j’ai fait moi-même pour financer mon voyage jusqu’à Amsterdam. Je ne suis jamais partie d’ici et c’est mon rêve de voyager. Alors j’aimerais déjà aller voir Amsterdam. »

Quand je lui ai demandé ce qui l’avait faire rire quand je passais par là, elle m’a montré des images. « Je collectionne des petits dessins amusants, mais vous savez, ma joie vient d’ailleurs.Vous n’avez qu’à lire mon tatouage, tout y est (Son tatouage sur la gorge est « God is proof »). « Je ne dépend de personne pour être heureuse. Je vis chaque jour comme une grâce. Je vis le moment présent. Et dans ce « flux d’amour », je rencontre des gens comme vous… Votre projet me réjouis car nous servons la même chose, l’amour et la joie. Mon rêve, c’est de partager la beauté. J’aimerais un jour acheter une île et…. (silence), non, je n’en dirai pas plus, c’est un secret. Il ne faut pas toujours partager ses secrets car ils pourraient se perdre en chemin à trop les divulguer… ».

Cette jeune fille de 22 ans a un visage de Madonne. D’ailleurs, elle ne me regardait pas dans les yeux quand je lui parlais mais tournait son visage vers le ciel. C’était très étrange. Cela n’était pas un regard de fuite. J’avais plutôt l’impression que c’était sa manière d’écouter la musique de mon coeur. Nous avons passé 30 minutes ensemble. Le temps s’est arrêté, les touristes déambulaient par centaines devant nous mais nous ne les voyions pas. Ils étaient là sans être là. C’est difficile à expliquer…

Merci ma Cagnotte!

Au final, j’ai eu l’élan de piocher dans notre « Cagnotte de la Joie » pour lui offrir un petit bout de son rêve, peut importe lequel, s’offrir une île privée ou un trajet à Amsterdam. Je lui ai donné 20 euros. Elle en était plus que contente ! Et m’a remerciée, les yeux toujours tournés vers le ciel…

Je lui ai aussi bien entendu proposé de rendre visite à ce fabuleux Joyeux d’Amsterdam, le musicien Rainier Siijpkens dont j’avais fait une vidéo. Voyons si la magie des rencontres de Joy for the Planet continue à opérer en tissant des liens d’amitié et de grande complicité entre tous ceux qui ont croisé la route de Begoodee.

Ci-dessous, quelques joyeuses prises du jour dans mon filet à « papillon-joie »!

Pour les couleurs….

Pour le message….

Pour le contraste entre les briques grises et les fleurs au balcon….

 

Parce que j’ai trouvé l’ange inscrit sur le mur que je venais de prendre en photo….

Pour son rire profond et solitaire qui m’a fait stopper dans la rue…

Parce que j’ai été touchée par sa musique… Ce musicien de rue était manifestement très professionnel et jouait avec une grande délicatesse et maîtrise de son instrument.

Pour les grands éclats de rire de ce groupe de jeunes scouts françaises

Pour l’émerveillement de ces enfants devant une montgolfière au décollage….

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