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Bonsoir Jean-Marc,

Maurice Le Guerrannic, éditeur

Après l’aventurier des autruches et des fossiles, Joseph Noirjean, je me suis arrêtée deux jour à Délémont chez une agricultrice biodynamique à la retraite, Yvette Petermann et présidente des Soroptimist du Jura! J’avais besoin d’un refuge dans le calme et l’amitié pour achever la réalisation du film sur ma traversée européenne en 2018, à la rencontre de gens ordinaires extraordinaires. Ce film qui s’appelle, comme le livre, « La Route de la Joie » va bientôt être présenté en salle et dans les festivals du film dont le premier à le diffuser est le Festival des Globe-Trotter à Paris le 25 septembre à 21heures, suivi d’une conférence. J’ai profité d’offrir quelques graines d’Artémisia à Yvette car elle souffre de la maladie de Lyme (boréliose), comme plusieurs membres de sa famille, et il semblerait que cette fameuse Artemisia Annua soit très efficace pour soigner cette maladie, en tisane ou en teinture mère. En échange, Yvette m’a offert des grains de kéfir de fruits pour faire un jus absolument savoureux et excellent pour la santé, une boisson que je recommande à tout le monde pour ses vertus pro-biotiques, boosteuse du système immunitaire. Elle régule aussi le transit, améliore la digestion et régénère la flore intestinale. Il paraît qu’elle fait perdre du ventre, ce qui m’a beaucoup intéressée, bonne vivante que je suis ! J’ai du fabriquer tout un attirail pour amarrer à bord de Begoodee mon bocal de jus de kefir qui doit rester 48h à l’air libre. L’avantage, c’est que je n’ai pas besoin de le remuer, les virages s’en occupent !

Ensuite, je suis partie pour la région de Bâle où mon application Park for night, un système de géolocalisation pour dormir la nuit en sécurité et dans de beaux endroits, que je recommande aux camping-caristes et aux nomades, m’a proposé une bonne place pour la nuit à 100 mètres du fameux Goetheanum. Cet édifice gigantesque qui a l’air d’un bunker en caoutchouc est perché sur une colline. Il a été construit autour de 1925 d’après une maquette de Rudolph Steiner, suite à l’incendie de la première construction. J’en ai donc profité pour visiter cette intrigante citadelle en béton conçue dans les années 1920 par Rudolf Steiner pour abriter le siège de sa société spirituelle. On dirait un flan géant qui vient d’être démoulé et dont la forme s’est affaissée parce que pas assez cuit! Avec un brin d’humour, certains l’ont baptisé le «Vatican des anthroposophes». Le Goetheanum offre l’occasion à des hommes et des femmes de toutes les cultures et de tous les continents de se rencontrer pour cultiver la vie de l’âme en symbiose avec la nature et le cosmos qui nous entoure. Juste pour nous rappeler combien il est important de vivre en harmonie avec les lois de la nature.

Alors que je me baladais dans ces espaces gigantesques, les visiteurs avaient la possibilité de découvrir la salle où est exposée une sculpture monumentale de Rudolf Steiner intitulée « Le représentant de l’humanité ». J’ai demandé à une personne assise à côté de moi et qui parlait à voix basse en français à son amie, de bien vouloir m’expliquer cette œuvre magistrale. Il m’a dit que Le Bien n’est pas le contraire du mal mais c’est le juste milieu entre deux extrêmes. Le bien, c’est la voie du milieu entre les forces positives et négatives qui nous gouvernent.

Au centre de l’oeuvre se tient l’être humain qui cherche à avancer sur la voie du milieu. Il lui faut s’affirmer entre deux extrêmes, qui sont représentés comme des êtres.  L’extrême du durcissement, de l’ossification, de l’hyperstructuration et de la peur est incarné par Ahriman.  L’autre extrême, celui de la dissolution, de l’exaltation, de la vanité et de l’orgueil est symbolisé par Lucifer. Ces deux êtres sont présentés sous un double aspect : tantôt ils veulent séduire l’être humain pour qu’il perde son centre, tantôt ils sont maintenus en équilibre par l’être humain. Car il ne s’agit pas de fuir devant les tentateurs. On peut fort bien utiliser leurs forces en vue du Bien, si l’on sait garder le juste milieu. Sans la force structurante d’Ahriman il n’y aurait pas de technique et sans l’enthousiasme de Lucifer, il n’y aurait pas d’art. C’est un sain équilibre qui rend l’homme véritablement humain. Pour ne pas sombrer dans l’amertume ni se durcir dans ce combat qu’est la vie, l’humour est important. Il sourit depuis l’espace supérieur gauche en regardant la scène.

J’ai remercié ce passionnant visiteur et lui ai demandé s’il connaissait un joyeux à Bâle. Alors la femme qui était assise à côté de lui m’a dit, du tac au tac : Mais lui, bien sûr ! Maurice Le Guerrannic est auteur, conférencier, éditeur, imprimeur, il fait lui-même ses livres et c’est la référence francophone à Bâle sur toute la philosophie anthroposophes». Vous savez que je ne me fie qu’au fil invisible des rencontres fortuites, alors je lui ai donné rendez-vous pour le lendemain matin, chez lui. Il m’a accueillie au son d’une flûte qu’il joue à la perfection. Je lui ai demandé comment, selon lui, quels auraient été les conseils que Rudolph Steiner nous aurait donné par rapport à ce changement de société auquel nous faisons face. Il m’a répondu ceci : « En cultivant la liberté en l’homme. En l’éduquant à sa nature véritable et à sa dimension spirituelle, en ne déléguant sous aucun prétexte la gestion de son existence aux autres et au monde extérieur. La seule boussole valable est celle qui indique la souveraineté en chacun de nous ».
Puis je suis retournée à mon camping-car. Et quelques mintes avant de partir, j’ai entendu un énorme crac ! La grosse branche d’un arbre probablement assèchée venait de s’effondrer à quelques centimètres de mon bus ! Si nous avions été en-dessous, c’en était fini de mon aventure, avec un toit applati et peut-être bien que moi et Lovski, nous aurions fini en crêpes bretonnes…après avoir rencontré un breton ! Rire !

Ensuite, je suis partie pour Baden et Schaffhouse.

Et aujourd’hui, j’ai accompli une nouvelle mission de factrice de la joie. Et vous savez qui était le destinataire de cette lettre que j’ai reçu d’une lectrice ? Un chien, un Beagle, qui s’appelle Geekie !

J’ai donc partagé la lecture de cette lettre par skype à Geekie qui était assises sur les genoux de sa maîtresse. En quelques mots, voici ce que lui a dit Corinne :

je souhaiterais dire MERCI à mon beagle ; ceci va vous paraître peut-être surprenant, et pourtant, au fil des ans, des jours, des mois, c’est ce petit être canin qui n’est que bonté, fidélité, authenticité et joie de vivre qui égaie ma vie. De l’écriture de ma thèse en Gruyère où il a attendu à mes pieds, sous le bureau, patiemment ses sorties -me les rappelant parfois par mille ruses- au confinement où il a permis de structurer mes journées et me permettre des excuses plurielles pour flâner sur les quais du Léman, il est toujours là : joyeux du lever au coucher, affectueux à l’infini, fidèle sans condition et tellement parfait : il n’a besoin ni de chaussures, ni d’équipement en hiver comme en été, ni de futilité. Il m’accueille chaque jour comme je suis, sans fard, sans détour, uniquement en amour et en sourires…
A toi Geekie, mon compagnon de vie à quatre pattes si pur et parfait, je te dis MERCI. J’espère que malgré ta santé qui se fragilise avec ton âge avancé, tu embelliras encore de nombreuses heures de ma vie et que vous partagerons, de l’aube au coucher, pléthore d’instants d’essentiel : s’émerveiller devant l’envol d’un cygne, humer l’odeur d’un croissant frais, partager une verrée ou une planchette de fromages après une longue balade dans les alpages, rouler en musique vers notre Bourgogne aimée, déguster chez notre amie Danielle et sa chienne Tara un petit pâté en croûte « spécial poutous », nous rouler dans un linge chaud après une pause pipi sous la pluie, réveiller papoune pour aller acheter le journal ou dîner chez Anne, etc…
Mille pensées emplies d’amour pour toi, petit bonheur !

Peut-être que mardi prochaine, je vous parlerai un peu de ces paysages suisses que je traverse et qui sont à couper le souffle…

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