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L’heure du grand choix est venue. Amour ou peur? Confiance et résilience ou abandon de soi? Voulons-nous être berger ou mouton ? Souverain de notre existence ou esclave de nos illusions ? Je suis une journaliste de la Vie, je ne suis pas un reporter de la fin du monde. Ma responsabilité est celle de nous aider à rester dans la plus haute version de nous-mêmes par le partage d’une information qui déploie le potentiel de chacun, dans la confiance et la curiosité, le résilience, la vérité et la solidarité. Tout en nourrissant le sens du discernement et la confrontation à des vérités qui peuvent déranger…

Nous avons le choix d’écouter les informations alarmistes en boucle, se laisser happer par les événements extérieurs, s’échanger des messages WhatsApp anxiogènes ou bien lui préférer le choix de la curiosité, de l’ouverture, et de la reconnexion à soi. Le choix de la tranquillité et de l’acceptation sans résignation.

La chance du siècle
Une opportunité inouïe nous est offerte pour arrêter de courir en passant à côté du miracle de la vie. J’ai parlé il y a quelques jours à un astronome qui m’a dit : « Il faut 20’000 ans à l’une de nos fusées pour atteindre le soleil le plus proche du nôtre. Et il y a des milliards de soleils dans l’univers…C’est dire si notre fragile humanité est un pur miracle!». Nous nous comportions comme si nous étions au centre de l’univers, ce microscopique virus nous replace dans notre humilité à l’échelle du Cosmos. De mon point de vue, cette crise nous donne les clés du paradis. Elle pulvérise nos croyances et nos certitudes. Le Covid-19 fait bouger les lignes de notre zone de confort et déplace nos curseurs sur de nouvelles réalités.

Depuis quelques jours, le temps est suspendu. Le monde qui retient son souffle, c’est comme le silence entre deux notes de musique. Il n’y aurait pas de symphonie sans ces intervalles où tout s’arrête. Ce silence planétaire comme à l’intérieur de soi est le creuset magique dans lequel se façonne une nouvelle Humanité. C’est dans cet espace de vacuité, à conditions qu’il ne soit pas colonisé par la peur, que l’Amour et la créativité peuvent émerger avec panache. Et combien j’observe déjà une imagination et des actions dont seul l’homme est capable pour se réinventer, s’entraider, créer et se dépasser !

La joie, une boussole envers et contre tout
Je suis en joie de me sentir unie à mes frères et sœurs sur toute la planète pour traverser ensemble une épreuve collective. Je suis en joie de prendre le temps de créer mon potager et mettre mes mains en terre pour la remercier de me nourrir avec abondance depuis des siècles. Je suis en joie d’écouter la nature, sans la frénésie des autoroutes en bruit de fond, de lever les yeux vers un ciel tout bleu, nettoyé des traînées blanches laissées par les avions.  Je suis en joie de trouver enfin le temps de ne rien faire, sinon respirer profondément et apprécier tout ce que j’ai sous la main tandis que le périmètre de mes déplacements se rétrécit. Je suis en joie d’écrire, de réaliser mes films, de dessiner, de me former en ligne à tout ce dont je rêvais, cuisine saine, yoga, astronomie, harmonica, piano ou de découvrir de bons vieux films que je n’avais jamais eu le temps de regarder. Je suis en joie de méditer ou de danser en live avec mes amis à travers le monde via les réseaux sociaux! Je suis en joie d’être témoin du meilleur de l’homme dans son humour pour préserver notre moral au top, dans sa sagesse pour nous inviter à la confiance, et dans son inventivité à occuper les enfants à la maison ou à aider les adultes à faire le meilleur usage de leur temps. Je me réjouis de ce que je ne sais rien de demain! Nous avançons à vue et nous ne pouvons rien faire d’autre que de nous abandonner à l’Intelligence de Vie.

L’impermanence est une constante universelle
Comme toute mue, quelque chose meurt et disparaît. Quelque chose doit mourir. C’est inévitable et c’est ainsi. J’aime ce dicton musulman cocasse: « Le vivant ferme les yeux des morts. Pendant que le mort lui donne l’occasion d’ouvrir les yeux. » Oui, nous devrons probablement vivre des deuils et des séparations et je suis de tout coeur avec ceux qui sont déjà touchés. La souffrance de chacun est à prendre en considération. Pour ma part, je suis prête à assumer mes choix de vie jusque-là, individuellement et collectivement. « Ce qui ne vient pas à la conscience, revient sous la forme du destin » disait Carl Jung. Ce que nous n’avons pas compris dans le passé, nous devons à présent le confronter. L’obsolescence des réalités illusoires était programmée. Bienvenue dans la vraie réalité, celle où le cœur et l’âme prennent les commandes. Nos personnalités paniquent, certes, car elles avaient tout pouvoir jusqu’ici. Il faut désormais les rassurer. Pour cela, il faut lâcher prise, laisser être, laisser faire et avoir la certitude que tout ira bien. Visualisons et projetons-nous dans ce que nous désirons ardemment. C’est d’ailleurs la conclusion un peu prémonitoire de mon livre « La route de la Joie »: « Oui, tout ira bien. » Comment ? En étant conscient et reconnaissant de chacune de nos petites actions à chaque instant. En faisant la vaisselle avec concentration, en caressant silencieusement le bois de sa table à manger, en buvant à chaque rayon de soleil, en écoutant sa respiration, en voyageant dans la coupe extraordinaire d’un chou rouge cru ou en osant dire « je t’aime » à tout-va! Être conscient, ici et maintenant, dans la gratitude, la douceur, la confiance et l’acceptation de ce qui vient, quoiqu’il arrive, voilà le meilleur antidote à la maladie et à la peur. C’est grâce à cet état d’être que notre taux vibratoire va pouvoir monter, permettant ainsi aux craintes, à la violence et aux colères de se transformer, comme un compost fertile pour le monde à venir, tout en renforçant notre système immunitaire.

Ouvrir les bras au futur avec confiance
Nous avons chacun la responsabilité de guider un ami, un proche ou quelqu’un vers l’abîme en cultivant la peur en lui, en anticipant le pire, ou de lui montrer au contraire le sentier de la joie qui conduit au chantier du jardin universel en cours où une nouvelle vie foisonne, où les amoureux du monde œuvrent déjà. Chaque prise de conscience est indispensable car elle impacte le champ vibratoire de notre entourage puisque nous sommes reliés les uns les autres non seulement à l’échelle de la planète mais aussi avec tout ce qui vit dans le cosmos.

Ne laissons pas notre conscience stagner au niveau des événements extérieurs. Pour chaque difficulté, trouvons-lui un sens qui nous apaise et qui nous ramène dans le calme. Le bonheur se trouve là où ne nous savons pas encore le voir. La joie véritable, ni visible ou tangible, est une joie sans cause extérieure. L’épreuve actuelle nous permet de la trouver magistralement.

Alors régalons-nous de cette pause planétaire historique, restons dans le calme intérieur de l’œil du cyclone. Je ne suis pas mère mais je n’ai jamais entendu de maman me dire qu’elles jouait de la cornemuse en donnant naissance à son enfant !

Je conclurai par cette autre citation de Carl Jung : « La clarté ne naît pas de ce qu’on imagine être le clair, mais de ce qu’on prend conscience de l’obscur. »

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