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Sur les recommandations d’un ami finlandais, je suis partie à la rencontre d’Ukko Kärkkäinen. « Tu cherches des Joyeux en Finlande? Je t’en ai trouvé un! » m’avait dit Juha.
En route pour Helsinki, je me suis donc arrêtée au milieu de la forêt où habitent Ukko, sa femme Inkare et leur dernier enfant (sur 10!) Mary! Ukko a fait venir pour l’occasion un jeune ami de la famille, Ville Määttä. Nous avons passé deux jours complètement immergés dans un conte finlandais. Je pensais que cette poésie n’existait plus que dans la littérature scandinave.
Ukko est un vrai Père Noël, aussi bien dans son coeur que dans son physique et Ville est un jeune guerrier de lumière malgré son handicap. Nous sommes partis en tournée quelques heures à bord de Begoodee pour échanger sur la beauté, le sens de la vie, l’espoir et la nature. Nous nous sommes baignés dans l’un de ces innombrables lacs et nous avons même fait du canoë.
Une fois nos âmes apprivoisées et à bord de notre petite embarcation, j’ai demandé à Ville et à Ukko de me partager leur histoire respective pour comprendre d’où venait leur joie et leur lumière. Ville m’a confiée qu’à l’âge de 16 ans, il a essayé de se tuer en sautant d’une falaise. « Je me sentais venir d’un lieu merveilleux (où la conscience universelle règne) et atterrir dans un monde affreux. Je ne voulais pas rester », raconte-t-il. Alors en pleine conscience, sans alcool ni drogues, il a sauté. « Depuis, j’ai perdu mes jambes mais j’ai trouvé ma raison de vivre et ma joie », continue-t-il. Ville a voyagé 9 mois à travers l’Europe dans sa chaise roulante avec laquelle il a parcouru plus de 1500 kilomètres.

Ukko, une autre histoire

Quant à Ukko, son histoire n’est pas moins courageuse et poignante. Sa mère tente de le noyer à l’âge de 9 mois. Son père, lourdement traumatisé par une blessure de guerre (2ème guerre mondiale) souffre de troubles du comportement. Plus tard, Ukko trouvera refuge dans une communauté religieuse chrétienne radicale dont il se libérera des années plus tard. « Aujourd’hui, je suis un homme libre et j’ai transformé toutes mes blessures et mes souffrances grâce au pouvoir guérisseurs des mots. J’ai écrit des centaines de poèmes et j’ai accompagné, comme thérapeute, des centaines de patients, eux aussi traumatisés par la guerre », raconte Ukko. Pour cela, il explique qu’il a récupéré des rouleaux entier de bandages non utilisés datant de la guerre 39-45 dont il a découpé des petits morceaux, comme des mouchoirs. « Mes patients ont séché leurs larmes avec ces reliques de bandages puis ils ont inscrits leur nom, une fois libérés de leurs fantômes ».
 
C’était une belle histoire que d’avoir croisé la route de ces deux êtres extraordinaires. Apparemment, ils étaient heureux aussi d’être montés à bord de Begoodee où le temps s’est arrêté le temps de laisser nos âmes se rencontrer ou se reconnaître…
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