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J’étais en route pour remettre une lampe solaire à Anamaria Ionescu pour son action humanitaire en faveur de quelques familles pauvres de Roumanie, quand, après un  laborieux et éprouvant parcage en plein centre de Bucarest, une petite voix s’est faite entendre derrière ma porte: « Bonjour, est-ce que je peux prendre une photo de votre bus? C’est tellement génial! » En nage et encore essoufflée, je lui ouvre ma porte et l’invite à bord…avec joie!

C’est de cette manière que j’ai rencontré Sarah Mircea, une jeune éducatrice de 33 ans, pleine de rêves et d’idées pour amener « sa petite part » au monde. « Je rencontre peu de gens qui partagent mes valeurs; tout le monde me prend pour une idéaliste naïve et je suis entourée de gens qui ont baissé les bras. Je me sens seule, très seule. Alors je passe un cap particulièrement difficile en ce moment, entre le découragement, un confort de vie réduit au minimum et une lourde histoire personnelle et familiale dont j’apprends à me libérer peu à peu… J’étais donc en proie à un doute profond et une grande tristesse quand j’ai vu votre bus! Cela me fait un bien incroyable! » m’a-t-elle racontée avec enthousiasme.

 

 

Je vois très rapidement en Sarah une étoile qui se prend pour un néon, un étalon qui se croit lézard. Elle m’explique qu’elle donne des cours à des enfants dans des écoles alternatives spécialisées à travers le British Council. L’éducation alternative, c’est toute sa vie! Mais Sarah a du mal a trouver sa place, tant ses valeurs sont en contradictions avec son environnement. Elle se demande comment proposer la réalisation d’un enfant par l’enseignement d’une interaction intelligente de l’humain dans le respect des lois de la création quand tout le système l’éduque à produire et à devenir un objet de rentabilité?

Je lui propose de me retrouver le lendemain au camping en périphérie de la ville pour lui apprendre à monter des lampes solaires. Ses yeux se sont « allumés » d’un coup, c’est le cas de le dire! « Je ne pouvais pas espérer mieux! Mon rêve est d’acquérir un véhicule comme le vôtre et de le transformer en une petite classe ambulante! Mon projet serait une sorte de « Pop Up School » (littéralement une école qui apparait ici et là) et j’irai de village en village apprendre à lire et à écrire aux enfants, à fabriquer des lampes solaires avec eux, à leur enseigner à être heureux tout simplement, selon les méthodes alternatives et les formations que j’ai suivies notamment en Inde avec le LSUC (Learning Societies Unconfere). En résumé, tout ce que l’on ne vous apprend pas aujourd’hui dans les écoles », regrette Sarah qui a grandi entre la Roumanie, l’Afrique du Sud, le Botswana et l’Angleterre.

Le lendemain, nous nous sommes retrouvées au camping où je l’ai invitée à manger un bon plat de pâtes. Puis nous avons commencé à assembler une lampe solaire. Grâce aux excellents tutoriels de LEDsafari, notre partenaire, elle a très vite assimilé le processus. Nous avons aussi beaucoup parlé sur le pouvoir muselé des femmes dans le monde et la nécessité de rependre la place qui est la nôtre au sein de la société humaine.

Ainsi, pour l’encourager dans ce projet de classe ambulante qui donnerait du sens à sa vie, Joy for the Planet lui a offert 6 kits solaires de LEDsafari et une somme d’argent piochée dans la « Cagnotte de la Joie » pour l’aider à former le socle physique et psychique dont elle a besoin aujourd’hui pour prendre son élan et repartir dans « sa » direction. Et je sais que Sarah ira loin… Elle m’a confié: « J’avais tellement espéré rencontrer quelqu’un comme vous depuis si longtemps. Quelqu’un qui croit en moi, qui partage mes valeurs et qui croit en la même chose que moi… Mon énergie a changé depuis hier et je sens à l’intérieur de moi un timide retour à paix et à la joie »…

A l’heure de nous séparer, j’ai tiré sur mon joyeux klaxon de la Cocaracha et Begoodee, Lovski et moi, nous nous sommes éloignés, laissant Sarah sur le trottoir, émue et le sac plein de promesses et de lendemains meilleurs.

Le lendemain matin, par whatsapp, elle m’a envoyé une chanson qu’elle me dédicaçait: « One good thin » de Lou Rhodes. Depuis mon lit, dans ma capucine, c’était à mon tour de verser des larmes de gratitude pour me permettre de me sentir si VIVANTE à offrir de minuscules marche-pieds pour les rêves fragiles de ceux qui croisent Joy for the Planet.

Ces petits graines de joie semées sur la route, ce n’est que le juste retour des choses après touts les coups de pouce que j’ai moi-même reçus dans ma vie de la part de certains amis ou de rencontres inespérée sur mon chemin. Ils m’ont aidée à me redresser ou à rester debout quand tout mon être vacillait. Alors ces sourires retrouvés grâce à Joy for the Planet, c’est leur victoire aussi…

 

 

 

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