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Langage parlé pour la radio

J’ai entendu que cette soirée était consacrée au jugement et j’aimerais peut-être commencer par vous raconter une jolie histoire d’une femme rencontrée sur la route en 2018. Elle s’appelle Samah Gayed, elle est suisse tessinoise et d’origine égyptienne. Ce qu’elle fait pour donner du sens à sa vie, elle danse et tourne sur elle-même, à la manière des derviches tourneurs. Elle danse dans le monde entier, fait tournoyer une jupe sur laquelle elle a cousu tous les drapeaux du monde. Dans certains pays où elle dansé, il lui a été reproché de porter sur elle le drapeau de l’ennemi. Et c’est tout le but de cette danse, c’est de sentir qu’il n’y a pas d’ennemi. Que le monde appartient à tout le monde et que nous appartenons tous à la planète. Qu’il n’y a rien ni personne à juger, aucune nation plutôt qu’une autre. Mais dans certains cas, on l’a sifflé pendant son spectacle. Quand je lui avais demandé quelle avait été sa réaction face à ces intimidations, Samah m’avait répondu : J’ai souri et j’ai continué à danser ! Je crois que quelque soit le regard que les autres portent sur nous, nous devons continuer à danser.

Ce que j’aime dans votre émission JM, ce sont des allers-retours entre des grandes détresses personnelles ou internationales et des petits bonheur quotidiens comme le témoignage touchant de Marie-Thérese ou ma petite rubrique sur vos ondes pour partager la joie. La vie est vraiment faite de ces sucré-salées avec lesquels il faut composer.

Hier, J’ai passé une journée en reportage avec un boulanger alchimiste, Marc Haller. Il change le pain en amour pour celui qui croque dedans. On dit qu’il nous rend  encore plus vivant avec ses pains. Marc Haller était un boulanger qui faisait des croissants à la chaîne avec, au bout, une belle réussite économique mais aussi un burn-out personnel qui l’a guidé sur le chemin de Compostelle. Après trois mois de marche, il vit une profonde guérison : celle de ralentir et de prendre soin de lui-même et de son entourage. En 2007, il créé les Pains de mon Chemin, une fabrication de pains artisanaux qui respecte le processus de la transformation des céréales. LE LEVAIN NATUREL EN  PETITE QUANTITE, PERMETTENT UNE ASSIMILATION ET UNE NUTRITION OPTIMALE. Processus alchimique. Mélangés à la main, nourris de levain naturel et cuit au four communal de l’Abergement, ses pains sont comme des prières. Ils nous exhaussent et nous rendent meilleurs. Marché à Yverdon tous les mardis et samedis matin. Donne des cours à Pomy sur la fabrication du levain pour des enfants ou des adultes.

Le boulanger aux mains d’or n’a pas perdu son âme d’enfant. Son secret de la joie, c’est de se laisser émerveiller par des tous petits clins d’oeil de l’existence, le chant d’une fontaine, une fleur de pissenlit, l’écorce d’un arbre, des lettres gravées dans la pierre du Jura et bien sûr, les fours à pain, qu’il chérit comme le ventre d’une future mère.

Marc Haller a compris que chaque action accomplie avec amour permet la levée du blé glorieux de nos existences. Le semence en conscience est le vrai capital de l’Humanité.

Puis j’ai rencontré une jeune femme qui joue tous les soirs du cors des Alpes pour les arbres de cette clairière à Bretonnière. C’est un rituel d’apaisement que Béatrice Fellay s’offre à elle-même comme au monde actuel agité. Il paraît que même les chevaux dans l’entourage sont tranquillisés. Chats et biches viennent l’écouter.

On m’a dit que c’était un village (Bretonnière) avec beaucoup de musiciens. Et c’est vrai qu’en regagnant mon camping-car, j’entendais encore le son du cors des Alpes et en même temps, un guitariste au premier étage d’un restaurant, les volets mi-clos. Un peu plus loin, un bassiste avec un piano… J’avais l’impression de marcher dans un calendrier de l’Avent avec chaque fois une petite surprise derrière les fenêtres. Une féérie avant Noël.

 

 

 

 

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