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J’ai vu et fait des choses dangereuses dans ma vie, mais j’ai rarement autant tremblé que le dimanche 20 septembre, en descendant de Loèche-les-Bains en direction de Sierre! Je me suis retrouvée dans une situation angoissante au possible, en tout cas pour un conducteur de camping-car!

J’ai voulu prendre un raccourci et passer par une petite route en direction de Sierre. Avant de m’y engager, j’ai lu un panneau de circulation indiquant: « Tunnel à 1,5km, hauteur 3 mètres ». Comme mon Begoodee mesure 2,90 m de haut, je me suis dit que c’était bon! Je me suis engagée sur cette petite route aussi étroite que vertigineuse qui était déjà impressionnante en marche avant!

300 mètres avant l’entrée du tunnel, une voiture de tourisme (pourtant immatriculée en Valais) s’est même arrêtée juste devant moi, dubitative. Le conducteur en est sorti et est venu me demander: « Heu, on peut traverser vous croyez? C’est tout de même rudement étroit et vertigineux, vous trouvez pas? Et ces filets de réception de chutes de pierres, c’est solide? »- Aucune inquiétude monsieur! Nos routes suisses sont les meilleures! Je ne vous dirai pas d’y aller les yeux fermés mais presque!, lui ai-je répondu en riant! Remonté à bloc, l’automobiliste s’est élancé en direction du tunnel et a disparu.

Vient mon tour et je m’avance doucement vers l’entrée, en évitant d’une part de toucher les rochers du côté de la falaise à droite, et d’autre part la minuscule glissière me séparant du précipice sur la gauche… Et ce que je redoutais est arrivé! Boum! Ma capucine ne passe pas l’entrée du tunnel! Rien à faire! J’ai tout essayé! Et en plus, je vois que le tunnel fait un virage à l’intérieur, ce qui me retire définitivement toutes mes chances de le traverser sans risquer de rester bloquée, encastrée 1000 ans à l’intérieur!  À moins d’appeler les secours pour qu’ils nous  tirent dessus comme on retire un bouchon d’une bonne bouteille!

Me voilà donc obligée de reculer, millimètre par millimètre, les yeux rivés sur mes rétroviseurs, priant pour qu’aucune voiture n’arrive derrière moi! Parce que si j’ai du réunir tout mon courage pour me lancer dans cette manoeuvre impossible, je doute que beaucoup d’automobilistes auraient apprécier de la faire à leur tour pour me tirer de ce mauvais pas! Reculer sur 300 mètres avec un ravin sous la portière…

Il m’est impossible de regarder dans le vide sans risquer de dévier de ma trajectoire et de toucher la glissière… Et si l’aventure m’est si pénible, c’est parce que je suis sujette au vertige! Mes mains sont moites et j’ai le coeur qui bat à 100km/h. J’aperçois dans mon rétro un motard qui attend patiemment que je libère la chaussée. Quelle chance, je ne dérange personne d’autre!

Après 10 minutes, me voilà sauvée, de retour parmi de bons sapins bien rassurants! J’aurais presque pu me jeter dans les bras du charmant motard pour manifester mon soulagement et lâcher la tension! Mais celui-ci est regrettablement aussitôt reparti! J’ai encore du faire une manoeuvre compliquée pour me remettre en marche avant, mais au moins, plus de vide sous ma fenêtre!

Moi qui avait déjà vécu une angoisse de ce type à Cagliari et en Corse, ce n’était rien de comparable à cet épisode épouvantable. Si la hauteur du tunnel était bien de 3 mètres, ce n’était pas le cas dans les bords! Un ami m’a dit, après coup, que j’aurais pu dégonfler légèrement mes pneus pour passer… Il parait que c’est assez souvent pratiqué… Je n’y avais pas pensé. Je n’ose pas imaginer le nombre de camping-cars qui restent coincés ici et là sur nos routes suisses!

Tout est bien qui finit bien, mais on ne m’y reprendra plus!

Mon cher cousin François Bachmann à qui j’ai raconté ma mésaventure en a tellement ri qu’il a immortalisé mon histoire avec ce joli dessin réalisé par ses soins!

 

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