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Orna Shuman et son fils, l’un de ses 4 enfants.

Voici Orna, notre 32ème Nominée de la Joie. C’est un coup de coeur, d’âme à âme, qui m’a décidée. Il n’est pas toujours indispensable de passer des heures et des jours avec quelqu’un pour ressentir une profonde énergie de bonté. C’est le cas d’Orna. Quelques minutes seulement en sa compagnie m’ont permise de mesurer la force et la lumière de « sa » présence.

Il y a quelques jours, ma route a croisé celle de cette famille sur un parking à Tallin. Les inscriptions sur leur van m’avaient interpellée: « No foreigh countries, only foreigh tourists » ou « Jobs fill your pockets, adventures fill your heart ». Alors je suis venue à leur rencontre. Tsur, père de 4 enfants, m’a expliqué qu’ils voyageaient ainsi un mois par année depuis plus de 30 ans avec son épouse. Ils sont israéliens.
Après un bon café et quelques minutes pour nous apprivoiser, Orna, son épouse, me parle de ses convictions et de ses valeurs: paix et respect de la différence, oeuvrer à l’unité au-delà des conflits et des tensions. Je suis extrêmement touchée par la douceur de ces propos tout comme celle de son énergie. Orna m’avoue être parfois fatiguée de devoir toujours justifier sa nationalité auprès des étrangers, d’être une « Israélienne fréquentable », une femme d’amour et de paix. « Nous devons toujours prouver que nous sommes des gens biens, des gens DE bien, à tous ceux que nous rencontrons en chemin. Je comprends le malaise que vous pouvez ressentir face à notre nationalité mais sachez que la société israélienne, surtout la nouvelle génération, est bien meilleure et conciliante qu’il n’y parait. Le peuple est une chose, les politiciens c’est autre chose. Les choses bougent mais les médias n’en parle pas encore assez » confie Orna. Je lui ai dit que je m’étais rendue il y a 20 ans comme reporter à Gaza et en Cisjordanie, à Jérusalem et à Bethléem. Je m’y étais fait plusieurs amis palestiniens, ambassadeurs de la paix et du rapprochement entre les communautés.
Ensemble, nous avons essayé d’élever notre discussion au-dessus du très sensible et perpétuel débat de la question palestinienne pour ne rester que dans l’acte d’aimer au-delà des différences. Orna m’a confiée qu’elle a souhaité rencontrer la célèbre activiste Ilana Hammerman, traductrice et écrivain israélienne qui a traduit en hébreu, entre autres, Céline, Camus, Flaubert, Nietzsche, Kafka et García Márquez. Ilana est connue (et critiquée au niveau politique) pour avoir organisé des visites en Israël à des femmes palestiniennes. Elle a permis des rencontres et des amitiés inespérées entre ces femmes. « Nous n’avons pas emmené des « terroristes ou des ennemies, mais des êtres humains » s’était défendue Ilana dans la presse. « De cette manière nous avons eu le privilège d’expérimenter un des plus beaux jours et le plus excitant de notre vie, de rencontrer et lier amitié avec nos courageuses voisines palestiniennes, et ensemble, avec elles, d’être des femmes libres, ne serait-ce qu’un seul jour » avait raconté la célèbre traductrice aux journalistes.
Orna m’a dit avoir été très inspirée par cette femme et, à sa manière et avec beaucoup de douceur, elle sème elle aussi ses petites graines de paix. La solution à cette crise sans fin ne se trouve pas dans le jugement ou la condamnation, ni dans la dualité, le règlement de compte ou dans le choix d’un camp plutôt qu’un autre mais dans la reconnaissance des peines et des joies mutuelles, dans le respect des lois, des droits et des devoirs de chaque être humain pris en engrenage dans ce conflit.
Einstein avait dit: « Aucun problème ne peut être résolu du même niveau de conscience qui l’a créé. » La crise au Proche-Orient est née de la dualité et de la séparation. Or, si nous posons des actes de réconciliation à partir de la conscience de l’unité, alors une véritable paix pourra s’installer.
 
Nous sommes émues de porter le même regard sur le monde. « Les hommes sont originellement bons mais leurs conditionnements, leurs croyances et toutes les oppressions qu’ils subissent ou font subir les coupent de leur véritable nature et de leur aptitude à aimer. C’est parce qu’ils s’identifient à des schémas illusoires et à des loyautés inconscientes qu’ils se tournent les uns contre les autres » raconte Orna. C’est ce que j’essaie d’expliquer à tous ceux que je rencontre sur mon chemin parce que je ne crois qu’à la bonté humaine et en la paix. »  a-t-elle ajouté. Orna m’a invitée à venir lui rendre visite en Israël dans le cadre de Joy for the Planet afin de montrer, sur cette terre mise à mal, que la beauté et la joie y survivent envers et contre tout. 
Pour fêter cette nouvelle soeur de coeur et pour apporter une petite étincelle de lumière dans cette région en souffrance, je lui ai offert notre lampe solaire. Elle avait été réalisée par un petit garçon français, Antonin, qui avait inscrit ces mots: « Vis ta vie en couleurs ». Merci Antonin!
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