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Je partage avec vous un épisode cocasse que j’ai vécu ce matin! En m’arrêtant au col du Gothard pour la nuit, je découvre qu’à 100 mètres de moi se cache le plus grand cristal jamais trouvé en Suisse, mis à jour en 2008 par les cristalliers uranais Elio Müller et Franz von Arx.

Mais avec le Covid, les visites se font au compte goutte et il faut obligatoirement réserver son tour. J’ai eu beau tenter de contacter la centrale de réservation, sans succès. La caisse à l’entrée était fermée. Mais en observant de loin la porte d’entrée  blindée de la forteresse où se tient le musée, j’ai aperçu un monsieur qui y entrait. J’ai alors pris mes jambes à mon cou pour courir après et lui et tenter de le retrouver à l’intérieur du fortin pour lui demander si je pouvais l’accompagner!

J’ai poussé la lourde porte blindée et je suis rentrée sur la pointe des pieds. Silence abyssale. Je suis tellement passionnée par les cristaux que l’appel était plus fort que moi. Il y avait un panneau « interdiction d’entrer » mais j’ai désobéi… Je ne suis ici que quelques heures et je rêve depuis des années de voir les trésors de la Terre. Je me suis donc engouffrée dans un long couloir sombre, silencieux et glacé, où je n’entendais que le vent siffler. Car ces tunnels n’en finissaient pas… J’espérais toujours trouver rapidement la personne que j’avais aperçue ou peut-être un groupe de visiteurs. J’ai marché 100 mètres par ici, 150 mètres par là, et encore 200 mètres dans cette direction. Des portes blindées, des canons, des génératrices, un dortoir militaire, une salle avec un décors de montagne avec une bougie allumée dans un faux cratère. Je suis abasourdie par le travail de ces hommes qui, au début du siècle et jusqu’à la seconde guerre mondiale, ont creusé les Alpes, souvent à la pioche, pour faire de notre pays, non seulement un Emmenthal mais aussi une citadelle imprenable pour la sécurité de ses habitants. Partout, j’ai vu des fortins comme celui-ci dans les montagnes! Me voilà donc à trotter sur la pointes des pieds comme un voleur perdu dans les allées suintantes de ce ventre alpin.

Et puis tout à coup, j’ai flippé! Je me suis dit: « Mais t’es malade ma fille! Si le type que tu as vu est entré pour faire une maintenance et pendant que tu te promènes clandestinement dans ces couloirs un peu lugubres, il est ressorti en refermant la porte derrière lui, à triple tours?! Et s’il allait ouvrir les vannes d’eau et inonder les galeries pour faire le grand nettoyage de l’année?  » Le cauchemars! Je me suis vue faire la « Une » des manchettes de journaux: « Découverte macabre au Sasso San Gottardo: une journaliste disparue depuis six mois retrouvée en état de décomposition avancée à deux mètres de la porte de sortie. » Ou bien:  » un corps repêché au fond des galeries du musée du Sasso San Gottardo »!

Du coup, j’ai détalé comme un pet de lapin sur une toile cirée et j’ai couru en direction de la sortie, en me concentrant très fort pour ne pas me tromper de couloir! Ces fortins sont de vrais labyrinthes! À mon plus grand soulagement, la porte était encore ouverte et j’ai sauté à l’extérieur! Sauvée! J’ai éclaté de rire à l’idée qu’il puisse y avoir des caméras de surveillance dans ces tunnels et qu’un gardien, derrière son écran, ait pu voir quelqu’un déambuler calmement à l’aller et se précipiter vers la sortie au retour! Comme si j’avais vu le diable en personne au bout du couloir!

Finalement, têtue comme je suis, je ne voulais pas lâcher l’affaire. Je suis tombée sur la femme de ménage qui vient nettoyer les vitrines autour des cristaux. La femme de ménage m’a donné le numéro de téléphone du conservateur local qui m’a donné son feu vert pour joindre la visite du jour, une heure plus tard, avec un tout petit groupe. Ouf! Et je dois avouer que j’étais nettement plus détendue en visitant ce lieu incroyable accompagnée d’une guide!

Le trésor de Planggentock
J’ai d’abord survolé quelques salles du musée et une curieuse animation avec des panneaux amovibles en résine synthétique, pour le moins inquiétante, avec des relents de satanisme, à l’image du sulfureux et controversé spectacle d’inauguration du tunnel du Gothard. Mais cet sorte de triptyque composé de plusieurs tableaux géants peints reste une originalité.  Je me suis toutefois levée avant la fin de cette bizarrerie, car j’étais trop impatiente de voir « mes » cristaux… Mais cette petite escale animée était une belle métaphore de la vie ici-bas: il faut d’abord traverser l’ombre pour accéder à la lumière!
Et quel éblouissement! Dans la salle des cristaux, je suis tombée en amour devant ce que j’ai vu: des cristaux géants mesurant plus de trois mètres sur trois, d’un poids de 1,5 tonnes et dont le plus grand d’entre eux mesure un mètre de hauteur. Ce « trésor » a été trouvé dans une faille rocheuse du sommet uranais du Planggentock et il constitue l’une des plus importantes découvertes de cristaux enregistrées dans les Alpes. Ces cristaux géants sont aujourd’hui propriété d’un particulier qui les prête gratuitement au musée, encore ouvert jusqu’au 18 octobre. Ils se sont formés il y a 14 à 18 millions d’années sur la base d’émail riche en quartz, qui s’est cristallisé par des températures de 330 à 450 degrés. Ça c’est pour le côté physique, historique et matériel de l’histoire.

Mais j’ai ressenti une grande émotion sur le plan énergétique. Je suis restée seule 30 minutes à les contempler. J’ai été traversée d’une grande force et d’une sorte de bien-être dans tout mon corps. J’ai remercié cette Terre pour ses joyaux dont elle nous fait cadeau. Je lui ai exprimé mon infinie gratitude de pouvoir faire l’expérience de l’incarnation sur cette planète fabuleuse, malgré les apparences et les souffrances. J’ai lu quelque part que des milliards d’âmes faisaient la queue depuis des éons pour venir s’incarner sur cette planète, car elle serait la seule où nous pourrions, en tant qu’êtres divins, manifester et faire l’expérience de l’amour dans la matière. Ne me demandez pas de citer mes sources, je n’en n’ai qu’Une…

En tournant autour des cristaux de Planggentock, c’était comme tourner autour de la Pierre Noire à la Mecque, en Arabie Saoudite, où  des millions de musulmans chaque année rendent grâce à Allah. Ce fut un moment sacré pour moi. Humblement, je rendais grâce à mon tour, mais à la Terre, et dans la contemplation. C’était comme avoir rendez-vous avec le coeur du monde. Et combien je l’ai senti battre!
L’un des deux cristalliers qui les ont découvert, Franz von Arx, a dit: «Je suis convaincu que les cristaux ont une mission: celui de nous réapprendre à nous émerveiller».

Plus d’informations: https://www.sasso-sangottardo.ch/

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