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Nouvelle rencontre inattendue au milieu d’une région sauvage, en Alsace, dans le petit village de Kuttolsheim. Voici notre 22 ème Nominée de la Joie

En route vers la Belgique, je me suis arrêtée chez mon amie Caroline Hürlimann, traductrice bénévole de ce blog (anglais) dans le petit village de Kuttolsheim, en Alsace. Bien que Caroline m’ai gentiment invitée dans sa très belle Maison d’hôte « La Vallée », j’ai préféré, comme toujours, rester à bord de Begoodee avec mon Ulysse. Je me suis garée dans la forêt, juste devant sa maison.

En nous promenant dans le village, Caroline me parle d’un centre bouddhiste dans le coin qu’elle n’a jamais visité. Je m’étonne de la présence d’une communauté de bouddhistes au beau milieu de vignobles à perte de vue. Ma curiosité est trop forte pour ne pas lui proposer d’aller y jeter un coup d’oeil. La ruelle pour pour accéder au Centre est tellement raide que le poids de mon bus est à deux doigts de nous faire caler au milieu de la pente! Poussif mais néanmoins tenace, Begoodee arrive finalement en haut de la côte, au bord de l’effondrement mécanique!

La porte du centre, une grande maison blanche rehaussée d’ornements et d’arabesques dorées, dans l’esprit des monastères bouddhistes, est ouverte. Nous nous déchaussons et entrons dans la grande salle de méditation, avec ses vitrines garnies de statuettes de Bouddha, de fanions multicolores, de bannières brodées et de bâtons d’encens. Il n’y a pas un chat et le silence est total.

Et Sheryl est apparue…

Au bout de 10 minutes, une petite dame, dans sa robe carmin et avec de petites lunettes ronde, vient à notre rencontre. Je lui demande si nous pouvons échanger quelques instants car j’aimerais en savoir plus sur ce lieu. Elle m’explique que nous sommes, ni plus ni moins, dans le plus grand institut européen de bouddhisme tibétain! « Il y a 40 ans, le 5 novembre 1978, Sa Sainteté Gongma Trichen Rinpoché inaugurait les locaux de Sakya Tsechen Ling. Depuis, l’institut n’a cessé de s’épanouir comme un havre pour les saints enseignements de Bouddha. Malheureusement, le dernier responsable de ce centre est décédé en novembre dernier et c’est la raison pour laquelle j’ai été priée de venir ici comme interim, en attendant l’arrivée d’un nouveau successeur », raconte Cheryl alias Chö Dechen, de son nom tibétain. Suédoise, Chéryl nous raconte son histoire émouvante. Ses grands-parents suisses et alsaciens ont émigré aux Etats-Unis pendant la guerre. Cheryl naît donc en Californie et fait des études d’ingénieur. Elle devient scientifique et se spécialise en environnement et changements climatiques. Suite à un un traumatisme personnel, elle tombe gravement malade et doit interrompre toutes ses activités. Aucun médecin ni traitement ne parviennent à la soulager si bien qu’elle fait de longs séjours en milieu hospitalier. Un jour, une amie qui vient lui rendre visite à l’hôpital lui offre un livre de pensées philosophiques d’inspiration bouddhistes. C’est la révélation!

« Après avoir fait l’expérience de l’absence de joie, j’ai redécouvert la joie à travers ma nouvelle voie. Après avoir été mariée et maman, je suis devenue nonne et cela depuis 10 ans maintenant. J’ai compris qu’en me mettant complètement au service des autres, de leur joie et de l’allégement de leur souffrance, cela augmentait ma propre joie », confie Sheryl, radieuse. « Ainsi, je me suis trouvée moi-même dans cette voie. Comme le dit le Dalaï-Lama lui-même, offrir de la joie est un grand chemin de sagesse car nous la recevons automatiquement en retour! » Sheryl s’est complètement guérie en suivant ce chemin, simplement en alignant sa vie sur ses valeurs et ses convictions profondes.

Aujourd’hui, Sheryl consacre sa vie à enseigner le Dharma, à s’engager auprès d’associations oeuvrant à la solidarité et à la félicité de tous et témoigne ouvertement de son parcours si original. Sa famille a très bien accueilli sa reconversion et son fils se dit « fier d’avoir une maman nonne »!

Notre lampe solaire pour Shery (Chö Dechen), un cadeau encombrant!

J’ai fait monter à bord ce petit bout de femme lumineuse et je lui ai offert une visite guidée de Begoodee. J’ai soulevé le couvercle de mon réservoir à lampes magiques et elle a pioché à l’intérieur, au hasard. C’était la lampe de Léa, une fillette qui avait participé à l’un de mes ateliers sur la route. A l’intérieur du pot, il y avait le message suivant: « Bonjour…Je vous offre cette lampe que j’ai fabriquée avec amour. Sinon, moi je m’appelle Léa. Je vous invite à aller découvrir le site Joy for the Planet »!

Au moment de lui remettre mon petit pot de lumière, j’ai vu Shéryl ouvrir de grands yeux! Genre: « mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de ce machin-là! ». Un peu embarrassée, elle m’explique qu’elle retourne le lendemain en Suède et qu’elle a pour seul bagage un baluchon! Et qu’il n’y a pas de place pour cette lampe dans sa sacoche! Et dans un grand éclat de rire, elle ajoute: « Ne soyez pas déçue! Vous savez, ma lampe à moi est portable! Elle est à l’intérieur de moi! C’est ce qu’il y a de plus pratique! Vous offrirez ce pot à quelqu’un d’autre »! Mais j’ai trouvé une alternative: je lui ai offert l’un de nos petits sacs de coton à la place, ce qui lui a fait très plaisir!

C’est vrai que nous voyageons au fil de notre existence avec notre petite lampe portable. Quelle exquise métaphore… Je m’incline, merci Sheryl, 22 ème Nominée de la Joie!

Je suis fière de montrer à Sheryl le petit cerf-volant bouddhiste illustré sur mon camping-car!

Shery ou Chö Dechen à l’entrée de l’Institut européen de bouddhisme tibétain

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