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Etoy-Montreux-Lausanne-Bretonnière-L’Abergement-Yverdon et désormais en route pour La Chaux-de-Fond…

J’ai bien des histoires à rattraper et à partager sur ce mur depuis mon départ le 1er aôut! Dans l’ordre, après le Liboson, une rencontre magnifique avec la police vaudoise! Alors que je redescendais de Glion à Montreux, je me suis arrêtée à un feu rouge de régulation de chantier avec une déviation à gauche. En face, la route principale était interdite avec le panneau suivant: « Interdiction de circuler sauf poids lourds du vendredi au lundi ».

Je me suis dit que j’étais un poids lourd et que nous étions lundi. Aussi, je savais que les lacets de déviation étaient serrés et je n’étais pas sûr de ne pas restée coincée avec mon Begoodee. Au feu vert, j’ai donc pris tout droit…

100 mètres plus loin, une brigade de police me fait signe de m’arrêter. Tout à fait sincère, je dis au chef que j’étais persuadée de faire partie des poids lourds et que nous étions un lundi. Tout sourire, le chef me répond que « je n’ai pas le permis poids lourd » mais que ce n’est pas grave car « la déviation est en effet très étroite pour un camping-car ». Il fait le tour de mon bus et m’encourage à m’arrêter dans une station pour faire regonfler mes pneus et faire contrôler mes freins qui « sentent le chaud ». Les trois autres agents sont aussi sympathiques et chaleureux que leur chef. Nous échangeons longuement sur mon projet et le but de ma traversée en Suisse. Ils me disent que c’est un peu comme le « Zèbre » de Jean-Marc Richard et qu’ils avaient adoré son aventure solidaire. Je lui réponds que nous sommes justement partenaires sur la Ligne de coeur RTS et que je raconte mon voyage tous les mardis et jeudis à 22h40 sur La Première.

Il pleut des cordes et je n’arrive plus à me séparer des ces quatre policiers, ouverts et conciliants. Si bien que je décide de leur lire le chapitre de mon livre « La route de la Joie » que j’avais consacré aux policiers! Pour ne pas mouiller mon livre, ils m’invitent à leur lire mon histoire sous le haillon de leur véhicule de police. Et me voilà assise dans le coffre, les quatre officier autour, m’écoutant attentivement. Ambiance irréelle. Ce chapitre rend hommage aux forces de l’ordre, trop souvent la cible injustifiée de nos frustrations sociales. A la fin de ma lecture, ils sont très émus. Presque les yeux mouillés. L’un d’eux me dit: « Je n’ai qu’un mot, merci! Cela nous fait chaud au coeur, car notre métier est devenu tellement difficile. Merci, merci! »

En repartant, j’ai encore lancé par la fenêtre: « Je vous réserve une dernière petite surprise. Je vais klaxonner avec ma Cucaracha mais surtout… ne me dénoncez par à la police! Il n’est pas conforme! » Eclats de rire de toutes parts. Coup de klaxon musical et je redémarre.

C’est cela Joy for the Planet. Composer avec les imprévus et rendre le monde encore plus humain. Merci à ces quatre agents de police vaudois, plein d’humanité, de respect et de bienveillance.

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