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Ma chère grande sœur Diane a retrouvé dans l’album de notre enfance ces photos de moi en clown. En clown triste… Et j’ai compris, 40 ans plus tard, combien le «pitre » en moi, avec son humour et beaucoup d’autodérision, m’a aidé à traverser une enfance et une adolescence difficile après le divorce de mes parents. Jusqu’à donner naissance aujourd’hui au projet de ma vie, Joy for the Planet. Je suis émue de voir combien se lit sur ces images la tristesse dans mon regard comme dans celui de ma grande sœur. Je viens de comprendre que mettre un nez rouge sur mes souffrances était un pansement pour mon âme.

Je comprends mieux aussi pourquoi j’ai consacré toute ma vie à la résilience par l’humour, la joie, la poésie, la créativité, la positivité et les « farces et attrapes ». « L’humour, c’est de prendre conscience de l’absurdité tout en continuant de vivre dans l’absurdité », a écrit Eugène Ionesco.

Pour la petite fille que j’étais, ma vérité était dans l’imaginaire. Le rire a été un escabeau pour me hisser vers le bonheur de vivre et l’envie d’aimer TOUT malgré tout.

Sortir de la boîte

Chacun doit trouver en soi l’outil sacré pour transformer les sillons creusés par nos larmes en un « bisse » de montagne où coule paisiblement une joie profonde. Certains proches ont souvent tenté de museler cette part de fantaisie pour me « conformer » à une éducation ultra conservatrice. En vain, d’où les conflits et les bobos… Je comprends aussi pourquoi mon jouet préféré était cette petite boîte à musique en fer dans lequel se cachait un clown. Il nous sautait joyeusement à la figure quand on tournait plusieurs fois la manivelle. Sa petite musique m’accompagnera toute ma vie…

Quand la presse m’oppresse

Plus tard, en journalisme, j’ai revécu quelques assauts de la part de certains confrères. Ils pensaient qu’être drôle, espiègle, original et joyeux n’était pas compatible avec un journalisme « sérieux ». On me faisait croire qu’un vrai reporter doit rester grave et froncer les sourcils. Mon approche positive ne m’a pas empêchée de creuser mes enquêtes au point où j’ai été une fois menacée de mort et retrouvé ma voiture en mille morceaux pour m’intimider et me dissuader d’aller plus loin dans cette investigation à haut risque. Ma joie de vivre ne m’a pas découragée de me rendre dans des zones de conflits pour dénoncer l’injustice ou partager des réalités dramatiques. Finalement, je ne voulais plus cautionner une information unilatérale et sinistre. C’est la raison pour laquelle j’ai quitté la presse « standard » et ses faits divers pour me consacrer, comme indépendante, à des reportages constructifs et inspirants, porteurs d’espoir et de joie.

Comme je partage cette citation du grand Guy Bedos : « L’inverse de l’humour, ce n’est pas le sérieux, c’est la soumission » ! Pour moi, la profondeur d’un être se mesure à son aptitude à rester libre, à rire de tout et de sourire même à ce qui le fait crever…

Je t’aime mon Guignol!

Grâce à ma grande sœur et à ces images surgies du passé, je peux enfin rendre le sourire à mon clown intérieur, le réhabiliter publiquement et le remercier de m’avoir permis de traverser les épreuves de mon existence dans la confiance que la beauté est en tout, même derrière un malheur. Si j’ai pu ne jamais me trahir et rester reliée, avec ses hauts et ses bas, à ma joie, c’est parce que je n’ai jamais douté qu’une force intelligente véhiculée par l’Amour est à l’oeuvre partout et en tout.

Et la couverture de presse généreuse qui est faite dernièrement autour de « Joy for the Planet » est le plus bel hommage rendu à mon petit « Guignol » intérieur.

« Pour atteindre l’humour supérieur, cessez d’abord de vous prendre au sérieux » écrivait Hermann Hess.

Toute ma vie, je me suis battue pour rester bien accrochée aux ballons volants de ma fantaisie que l’on voulait crever.  J’ai réussi à couper toutes les ficelles des sacs de sable qui voulaient me retenir à terre comme une montgolfière. N’allez pas croire que je suis « perchée » pour autant! 😉 Ma joie et mon humour au contraire s’enracinent profondément dans mon amour pour la terre, la nature et les humains si terrestres.

Comme je suis fière aujourd’hui de réaliser que j’ai gagné cette guerre. Une belle boucle s’achève et c’est entourées d’un joli ruban que je remets ces images de mon enfance dans le tiroir de ma belle histoire. Et je ne peux pas mieux incarner la citation que j’ai imaginée pour l’un des petits sacs de Joy for the Planet*:

« Vivez comme des bulles de savon, éclatez-vous ! » :-)))

Il y a quelques jours, c’était l’anniversaire de ma grande soeur Diane. C’est l’occasion, par cet article, de la remercier de tout ce qu’elle a fait pour protéger sa petite soeur et lui rendre la vie plus douce. Merci Doudou chérie! Merci d’être une grande soeur de rêve « pour de vrai »! ;-)))

*Lien pour découvrir ces petits sacs en toile que j’illustre pour Joy for the Planet ici

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