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On me demande souvent comment s’organise ma vie à bord et comment j’arrive à me débrouiller seule pour la maintenance et la technique de mon camping-car Begoodee. Alors voilà quelques éléments de réponse après 6 mois de traversée d’une partie de l’Europe…

SOS Begoodee
D’abord, j’ai deux copains formidables qui me dépannent à distance, si nécessaire. Ils sont très réactifs et compétents (où changer les fusibles de l’habitacle, comment relancer mon chauffage au gaz, comment relancer ma pompe à eau, etc)… J’ai créé un petit trio « SOS Begoodee » sur Whatsapp avec Yan Ansermier à Champagne (VD) et Yves Linder à Yverdon. Le premier est un crac en mécanique et technique et le second est le pape de la vie en camping-car avec toutes ses astuces, dans un esprit à la fois simple, pratique, esthétique et authentique. Merveilleusement complémentaires. Je profite de ces lignes pour les remercier de tout mon coeur.

Hébergement
Depuis toujours, je voyage dans la confiance, l’ouverture et la curiosité de ce qui vient. Et dans le cadre de Joy for the Planet, les surprises sont quotidiennes. Parce que je me suis « paramétrée » dans la confiance, l’unité, la joie et l’ouverture, je n’ai dormi que dans des endroits idylliques ou presque. Pour des raisons budgétaires, je vais très rarement dormir dans un camping. Et puis les vraies rencontres se font en dehors des « cadres ». Alors je passe mes nuits à bord de Begoodee dans la nature, près des églises, sur les places de villages ou dans les parcs. En 6 mois, je n’ai été réveillée qu’une seule fois au milieu de la nuit, par les cris de jeunes fêtards avinés qui ne m’avaient même pas vue… Hier soir, j’ai cherché assez tardivement une place pour ma nuit. Epuisée, j’ai demandé au Ciel de me conduire au bon endroit. J’ai erré ici et là, d’une ruelle à l’autre, sans plus réfléchir, en m’abandonnant « à ce qui est ».  Et j’ai atterri dans un endroit magique, au pied de deux statues géante en bois, représentant un dieu et une déesse, au bord d’un étant ! Quels plus beaux gardiens pour veiller sur ma nuit ?! Une application formidable pour trouver des lieux pour dormir est « park4night » ! C’est un système de géolocalisation interactive par Internet qui vous scanne l’endroit le plus optimal pour vous garer ou passer la nuit tranquille.

 Conduite
J’ai pris l’habitude de manœuvrer mon bon vieux Begoodee qui n’a pas de direction assistée. Il date de 1993. Ce n’est qu’une question d’habitude et de confiance en soi. Le reste se fait tout seul. L’une des seules manœuvres délicates que j’ai du entreprendre, c’était l’entrée en marche arrière dans un ferry italien que j’ai réussi du premier coup ! J’évite les autoroutes où je me fais souvent déporter sur le côté par le dépassement express de camions gigantesques! Aussi, j’aime prendre le temps de savourer les paysages et les rencontres. Et c’est bien plus économique! De toutes façons, je ne monte jamais à plus de 80km/h. Autant prendre de jolies petites routes, favoriser les rencontres et me donner toutes les chances d’y pêcher de belles histoires à vous raconter. Je me range le plus souvent possible sur le bord de la route pour laisser passer les voitures qui piaffent derrière moi. « Pardon de vous ralentir, je vous pardonne de me maudire » aurais-je envie d’écrire sur le dos de mon bus.

A Calgiari, je me suis trop fiée à mon GPS qui m’avait emmenée dans une minuscule ruelle étroite et sinueuse, bondée de lessives au balcon et de voitures garées sur les trottoirs. J’ai fini par m’encastrer entre les parois des maisons ! Je ne pouvais même plus ouvrir ma portière, ni avancer ou reculer ! Un retraité a volé à mon secours en pyjama (il était tard). Il m’a aidée dans mes manœuvres et, en arrachant mes deux éclairages de part et d’autre de ma capucine et en rayant mes fenêtres, j’ai pu me sortir de cette impasse, c’est le cas de le dire!

Maintenance
Je contrôle mon niveau d’huile et la pression de mes pneus régulièrement. J’ai eu deux pannes avec mon chauffe-eau cet hiver que j’ai pu résoudre. Il est à nouveau tombé en panne en juin mais comme il fait très chaud à présent, ce n’est plus très grave. Je me lave tous les jours, soit à l’eau froide de ma douchette, soit avec un système génial que m’a donné mon ami Yves Linder. Je remplis un pulvériseur de jardin de 2 L avec de l’eau tiède, je pompe et le tour est joué ! Magnifique douchette super économique en eau !

Les klaxons
Le célèbre klaxon de Begoodee (la Cucaracha) était un investissement au départ qui valait franchement la peine ! C’est Yan Ansermier qui me la posé. Mon klaxon fait sourire ou rire tout le monde, y compris les policiers et les douaniers. « Ca nous change de notre quotidien et ça fait du bien! » m’avait confié un policier français en riant. Quand je croise des groupes scolaires en ballade ou des jeunes qui attendent à un arrêt de bus, je tire sur la ficelle de mon klaxon et cela marche à tout les coups! Bonne humeur garantie ! Quand je débarque et embarque dans un ferry, succès assuré aussi ! Je n’ai utilisé mon klaxon ordinaire  (celui pour m’énerver) qu’une seule fois! Et oui, ça m’arrive aussi! 😉

Ménage et lessive
Je tiens à tenir une hygiène stricte et irréprochable à bord. Cela fait partie de mon équilibre psychique et physique. Je change mes draps et mon linge toutes les semaines. Je fais ma lessive dans des lavoirs publiques ou chez des gens que je visite sur la route. Je brosse, je balaie, je nettoie, je tape mes coussins, je récure, je range, j’amarre chaque objet et j’organise et réorganise mon ordre en permanence. Un camping-car est comme un bateau dans lequel rien ne doit traîner. Je décore Begoodee avec des objets qui ont du sens pour moi ou qui m’ont été offerts en chemin. Mon bus a aujourd’hui une véritable âme ! Je prends soin également de « Christophe » ma plante verte. J’ai réussi à l’amarrer pour qu’elle cesse de valser avec les virages. Elle s’appelle « Christophe » en souvenir d’un adorable vendeur dans un garden-center en France qui m’avait rendu de grands services dans la maintenance de mon bus. Après 10 stations où l’on a toujours refusé de reprendre ma bonbonne suisse de gaz, ce monsieur a accepté sans sourciller!  Pour le remercier, je lui avais acheté une plante verte que je soigne comme un passager VIP! Je la « brumatise » avec amour presque tous les jours.

Dépenses et budget
Pour l’instant, je suis surprise en bien. Hormis la Scandinavie et surtout la Norvège, le voyage me coûte assez peu. Essence et nourriture comprise, je dois dépenser autour de 200 euros par semaine (communication, factures en Suisse et impôts non compris). Mes dépenses se partagent entre la nourriture, l’essence, les rares péages, les transports en ferry, les parkings, les entrées sur des sites culturels ou les musées. Ce qui me coûte le plus cher, ce sont bien sûr mes forfaits téléphone et Internet (voir communication). Je finance mon voyage grâce à la location de mes deux micro chalets à Pinsec et quelques mandats journalistiques que je peux honorer à distance, notamment avec le DFAE (Département fédéral des Affaires étrangères). Je pioche dans la « Cagnotte de la Joie » pour donner des coups de pouce en chemin, pour rembourser les billets des ferry et une partie des frais d’essence, rien de plus. Toutes mes heures de travail sont offertes et je prends en charge toutes les autres dépenses comme la nourriture. Je pense que le voyage me coûte environ 1500 CHF par mois, tout compris (petits restaurants occasionnels inclus).

Le gaz
Rien de plus simple que de vivre au gaz : pour la douche, la cuisine, le frigo et le chauffage. En Estonie, à Tallin, j’ai même trouvé une station qui m’a remplie mes bouteilles de gaz pour quelques euros ! C’était bien pratique et j’espère que cela existe ailleurs (grâce à Park4night)! En été, je tiens presque 1 mois avec une seule bonbonne. En hiver, je tiens deux semaines car j’enclenche beaucoup plus souvent mon chauffage. Le gaz nous offre un sentiment de liberté et d’autonomie exceptionnel. C’est ma première ressource naturelle avec l’eau bien sûr.

La cuisine
Je mange local et j’achète local. En hiver, j’aime beaucoup me cuisinier de bons petits plats. J’aime manger et cuisiner et ce n’est pas parce que je vis seule que je ne dois pas me gâter. Alors je me prépare de jolis plats. En été, je mange beaucoup plus d’aliments crus, du fromage, des fruits et des pâtes. Je fais même des confitures « au marteau » avec les fruits que j’achète chez les producteurs locaux. Je ne mange jamais un gros repas le soir. Tous les matins, c’est la tartine au miel et à la confiture, ou le muesli aux fruits et yogourt. Tous les jours, je mange du gingembre et je bois un petit verre de bicarbonate de soude pour les articulations. Je mange aussi presque quotidiennement une cuillère à dessert de Flavon, un fabuleux compliment alimentaire naturel au concentré de fruits ou de légumes. Ainsi, j’ai ma ration quotidienne de fruits et de légumes quand j’ai la flemme de cuisiner!

 

Tomates du marché de Vilnius, poisson fumé, oeuf de caille, pain bio, pesto maison, graines de sésame et de chia, fromage de chèvre au lait cru.

Le sport
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sauf quand je nage avec bonheur dans les lacs en Finlande ou quand je me casse la figure à trottinette en Estonie! Moi, pour me mettre au sport, il faut que cela soit rigolo! Genre « Forêt aventure », jeux de piste, chasse au trésors, ski, randonnées ou tyrolienne. Ou être très amoureuse… Sinon, boaf…

Le travail
Mon camping-car est ma maison et mon bureau. Je monte mes films et écris mes articles sur la petite table de mon coin à manger. Je « travaille » au moins 6 à 12 heures par jour (week-end compris), selon les rencontres et mon inspiration. Je vis mon rêve, comment rechigner devant les efforts? Chaque vidéo prend un temps fou, entre 3 à 5 jours. Comme je suis bénévole et que j’ai de la joie à faire ce que je fais, j’ai du mal à parler de « travail » mais plutôt d’activités créatrices. D’autant plus que ce travail-là ne me rapporte pas d’argent. Mon salaire se calcule en joie et en bonheur. Je ne vis pas cette expérience comme des « vacances » non plus car je suis très active et je me repose peu. Je ne fais pas non plus de « tourisme » car ma priorité est la rencontre avec des êtres joyeux et inspirants. Je ne prends donc pas le temps de m’arrêter  (ou peu) sur des sites culturels ou touristiques. La joie des uns et des autres est ma seule destination. Seules comptent la rencontre et le partage avec des êtres inspirants.

 

 

La communication
J’ai trouvé un système presque optimal même si ce n’est pas encore l’idéal. J’ai souscrit à un abonnement chez free.fr pour 20 euros par mois qui m’accorde 25 GB d’Internet par mois. Car j’ai surtout besoin de connexion à Internet. J’ai donc un deuxième téléphone qui me sert de « routeur » avec la carte SIM de free. Ainsi, je garde mon numéro suisse pour toutes mes communications. Et quand mon forfait mensuel est épuisé chez free, je passe à mon abonnement Swisscom L de 25 GB par année et que j’active en mode « données à l’étranger » juste le temps de télécharger mes mails. La communication est de loin la rubrique la plus coûteuse de mon voyage. Et j’ai bien pris soin de désactiver les données cellulaires pour toutes les applications dont je n’ai pas besoin en voyage. Et surtout je désactive tous les téléchargements automatiques sur icloud ou les mises à jour automatiques! Un jour, cela m’a mangé mes 25 GB en un jour ! Ma consommation d’Internet est vertigineuse pour publier et partager tout le contenu de Joy for the Planet (il y a beaucoup de vidéos). Cela me coûte entre 200 CHF et 300 CHF par mois minimum! Alors je cherche bien sûr des wifi gratuits le plus souvent possible…

 

Dernier rinçage de ma caissette après l’avoir vidée conformément dans un lieu approprié. Je n’utilise que des produits biodégradables.

Eau et WC
La seule corvée de ce voyage, c’est de trouver un endroit approprié pour vider la « matière » de ma caissette WC ! Mon « popo » quoi!  C’est chaque fois la galère ! En Suède, en Suisse, en France et en Allemagne, c’est plus ou moins bien organisé avec des zones spécialement équipées pour cela. Dans les pays Scandinaves, c’est dans les toilettes au bord des routes, dans de petits cabanons très pratiques mais qui sont difficiles à trouver parce qu’ils sont si jolis que l’on dirait des cabanes pour les enfants. Une fois, j’avais du porter ma lourde caissette à travers un immense camping parce que je n’avais rien trouvé sur la route ! Et comme Begoodee est un vieux camping-car, le système n’est plus optimal et je m’éclabousse régulièrement de m… ! Depuis, je me suis équipée pour me protéger (gant de chirurgien) ! J’ai acheté des pastilles biodégradables pour décomposer mes « matières », ce qui me permet, au pire, d’apporter un peu d’engrais à la nature, dans les forêts les plus reculées ! Pour les eaux grises, la vidange est très facile, dans les stations service ou des endroits réservés pour cela.

Je remplis mon réservoir d’eau (100 L) une fois par semaine. Trouver de l’eau est beaucoup plus simple que de vider sa caisse WC! Je la trouve surtout dans les ports ou chez l’habitant, ou sur des places de parking pour camping-cars, que j’évite en général (je ne me sens pas « brochette ». Pour déplacer ma caissette, j’utilise maintenant une trottinette que j’ai trouvée dans une décharge et c’est top! Je mets quelques cuillère à café de sulfate de cuivre pour dissoudre ma m… C’est beaucoup moins cher que les pastilles que l’on trouve dans les magasins spécialisés et encore faut-il le trouver!

Les itinéraires
Je me dirige avec mon GPS TomTom et avec un gros atlas européen, à l’ancienne ! Consulter une carte reste indispensable pour évaluer le meilleur chemin à prendre, surtout dans le cas de Joy for the Planet où aller « vite » et prendre le chemin « le plus court » ne fait aucun sens. C’est bien aussi de se situer géographiquement sur une carte. Par contre, dans les Pays Balte, cheminer dans la spontanéité est plus compliqué car presque 80% des routes sont des pistes en terre, en dehors des grands axes routiers asphaltés par la Communauté européenne. Cela limite clairement les visites et les rencontres authentiques! Mais d’une manière générale, mon seul GPS est interne. C’est toujours et encore la joie des uns et des autres qui me dirige…

La garde-robe
J’ai une petite armoire bourrée d’habits ! Parce que je suis coquette et je tiens à me soigner, même sur la route ! Tous les matins, je me toilette et je m’habille joliment, tout en choisissant des vêtements confortables et pratiques. Je pense qu’être une baroudeuse ne doit pas être incompatible avec la féminité. Se faire belle pour soi-même, c’est la clé numéro un de la joie ! Ceci suscite d’autant plus la surprise des gens qui me voient descendre de mon bus. Je ne suis ni baba, ni bobo, ni boaf, ni bimbo…  Juste une femme simple qui veut sourire à la vie…

D’une manière générale, je remarque que la liberté passe par un grand sens de l’organisation et de la discipline. Etre libre, n’a rien à voir avec faire ce qu’on veut, quand on veut, avec qui on veut, dans le bordel et le laisser-aller. Toucher à cette liberté intérieure passe par une solide structure de son quotidien et à se caler sur le rythme de la nature et des saisons.

 

 

Ma réserve de lampes solaires
J’arrive bientôt au bout de mon stock de petites lampes solaires que je crée en chemin avec des enfants ou des adultes pour les offrir à des Joyeux. Après 6 mois de route, je suis fière d’avoir célébré et honoré la beauté de 32 personnes inspirantes et enthousiastes, 32 Nominés de la Joie! Mes lampes sont rangées sous ma banquette arrière. Je dois les recharger occasionnellement pour toujours offrir de la lumière… Heureusement, un nouvel atelier de fabrication de lampes solaires est prévu en Hongrie. Je vais pouvoir refaire le plein!

 

 

Et juste à côté, j’ai rangé nos fameux sacs 100% coton que j’ai dessiné moi-même. Je les vends sur notre boutique en ligne ou directement à des clients sur la route. Cela contribue modestement à soutenir Joy for the Planet mais je suis chaque fois reconnaissante et bien heureuse lorsque l’on m’en achète un! Les trois modèles parlent de l’aventure. Le premier est le logo de Joy for the Planet et sa citation « votre joie est ma destination ». Le second nous invite à nous « éclater comme des bulles de savon »! Le troisième distribue des petits « pots de lumière ».

 

 

 

Les gadgets indispensables

  1. Mon gratte-dos en bois
  2. Mon pulvérisateur de jardin pour la douche (quand mon chauffe-eau ne fonctionne pas, c’est à dire tout le temps…)
  3. Mon panneau solaire pour recharger mes appareils électriques
  4. Mes rouleaux de sopalin et ma balayette
  5. Mon mini ventilateur à port USB pour me rafraichir quand j’écris des articles par de fortes chaleurs
  6. Ma sauce Maggi, la mélasse de la Coop et le café soluble « Noblesse » de la Migros
  7. Mon transformateur 12V en 220V.
  8. Mon tournevis universel
  9. Mon vinaigre blanc et mon bicarbonate de soude pour le ménage (et mes articulations!)
  10. Des bougies
  11. Mon iphone
  12. Mon petit vaporisateur d’eau pour ma plante verte comme pour moi!

 

Mon coin « salon » (le lit est en haut, dans la capucine)

Mon bureau et ma table à manger

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La sécurité
Je n’ai jamais eu le moindre incident. Je n’ai jamais fait de mauvaises rencontres. Je n’ai jamais été importunée. Tout le monde s’est montré bienveillant avec moi. Le plus grand antidote à la peur, c’est la confiance. Et c’est dans cet état d’esprit que le monde entier s’ouvre à nous avec gentillesse. Je reste prudente et je ne vais pas me garer ou passer la nuit n’importe où. Je m’appuie beaucoup sur mon intuition et mon radar intérieur. Encore une fois, mes peintures et mes dessins sur Begoodee sont mon plus beau passeport. Mes dessins désarment et neutralisent tout ceux qui passent…  Il me reste encore 5 mois de voyage. Nous verrons bien pour la suite. Je rentre à Noël pour rédiger un livre et un film sur cette aventure extraordinaire.

Merci de me suivre, merci de me lire et d’accepter cette joie à partager… Merci de co-créer à mes côtés, avec vos mots, vos retours, vos messages et votre soutien.

Isabelle Alexandrine

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